les minuscules

 

El parque Lezama

 

Elle est brune, épaisse. Et seule. Toujours seule dans le parc. Elle passe de banc en banc, d’arbre en arbre pour y dormir. Quand on dort, même la solitude disparaît. Quelques toxicomanes l’imitent, mais ils ne se rejoignent jamais. Comme les chiens et les perroquets verts qui ne jouent jamais ensemble dans le parc Lezama. Les enfants, eux, jouent avec les chiens et courent après les oiseaux pendant que leurs parents sirotent du maté. Au milieu d’eux, des amoureux font tout ce que l’on peut faire sans se déshabiller – éternelles contradictions de la culture catholique. Et lorsque la chaleur tombe un peu, on court dans le parc, on s’appuie sur les statues imitation renaissance pour s’étirer, on fait du yoga sur l’herbe, on joue de la musique, on danse parfois. Et puis on lit, on discute, on mange, mais si peu, il fait si chaud et l’Asado – la grillade argentine – est interdit. Une colline, ce parc. Une colline qui fait frontière entre San Telmo, le touristique, le branché et la Boca, la pauvre, la dangereuse. Une frontière comme on les aimerait toutes, vivante et facile à traverser.

 

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