les minuscules

 

la sinologue

 

Elle est venue de Porrentruy. Quelques années à Genève, puis Beijing. Elle a étudié, beaucoup, a passé avec succès l’examen de chinois niveau supérieur et terminera un doctorat sur le premier empereur Qin d’ici quelques mois. Avant de passer à la phase finale de la rédaction, elle s’est accordée quelques jours de vacances. Visiter cet immense pays. Mais ici, dans la magnifique vieille ville de Fenghuang, elle craque. Elle craque parce que les Chinois préfèrent la prendre en photo plutôt que de discuter avec elle, que persuadés qu’elle ne parle pas mandarin, ils ne l’écoutent pas. Elle craque parce qu’elle ne sait toujours pas ce qu’il faut faire, que tout est si différent, qu’elle ne comprend rien à ce pays. Elle craque. Alors, elle s’est arrêtée dans un restaurant à la mode, s’est commandé une pizza au fromage et un gâteau au chocolat. Bien qu’il soit hors de prix et d’une qualité gustative douteuse, ce repas est l’un des meilleurs de sa vie. Les larmes, l’instant d’extrême solitude disparaissent. Un groupe d’étudiants l’interpelle. Ils ont l’accent du Sichuan. Elle les suit au karaoké.

 

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