les minuscules

 

La peau

 

Alors évidemment, il y a les privilèges. Dès la naissance, plus de soins, de libertés, de nourriture même. Les avortements sélectifs, les jolies petites robes avec lesquelles on ne peut pas jouer, les mini aspirateurs en plastique rose, pas pour eux. Puis, la biologie s’en mêle et les façonne plus grands, plus forts. La cellulite, les règles douloureuses, les formes qui ralentissent la course, pas pour eux. Et viennent ensuite de nouveaux privilèges, de meilleurs salaires, de plus belles carrières en perspective et toujours plus de libertés dans un monde construit par et pour eux. Le plafond de verre, les agressions sexuelles, expulser un être vivant de son corps, pas pour eux. Mais qu’ont-ils de plus face à la désillusion ? Face à la solitude ? Face à la folie ? Et face à la haine ? Rien. Rien d’autre que leur peau. Et lorsqu’elle cède, ils étouffent, exposés à toutes les démences sans la moindre protection, sans le moindre privilège. Et là, se présente le choix des bombes. Le choix qui fait céder d’autres peaux, des peaux d’hommes, des peaux de femmes. Sans distinction ni privilège.

 

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