les minuscules

 

La valse

 

Il s’est avancé, se tient prêt.  C’est le moment et il le sait. Le moment d’ouvrir le bal, le moment de danser cette satanée valse. Il écarte les bras, pose la main sur sa taille, relève la tête. Il ne respire plus. Il faut tourner, compter un, deux, trois. Il essaie de la regarder, de lui sourire, mais c’est si difficile sans lui marcher sur les pieds ou pire encore, sur la belle robe blanche. Pourtant, tout raide et sans grâce, il survit. Pas d’anicroche, pas de maladresse et même la petite révérence qu’il doit à sa jeune épouse. Évidemment, les cours, évidemment, l’entrainement seul devant son miroir. Mais surtout sa main à elle, ferme, contre son dos. Cette influence douce, cette aide précieuse qui sait, qui guide. Il s’échappe bien vite de la piste de danse, il repart à ses grandes discussions, à son cigare et à sa place de Monsieur. Mais sur sa peau, il sent encore la chaleur de cette main.

 

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