les minuscules

 

Le cœur

 

Ce matin, j’ai divorcé. Je suis entrée dans la grande salle, me suis assise sur la petite chaise et j’ai dit oui. Oui, c’est fini. Les derniers liens de papier envolés comme des papillons pressés. Les promesses n’étaient que rêves, ce nous ressemblait à tous les autres. Petites faiblesses et grandes trahisons. Il a fallu panser et repenser le cœur. Passer le fil dans la chair, serrer les points, désinfecter l’organe. Plus de sang, pas d’infection, reste comme un tatouage, indélébile. L’avant ne reviendra plus, une certaine innocence est pour toujours perdue, mais demeure le cœur. Bardé d’une cicatrice nette, souple, belle, il ne regrette rien. Que pourrait-il faire d’autre qu’aimer et être aimé ? Il ne sait rien d’autre. Le cœur, plus fort, le cœur, plus grand.

 

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