les minuscules

 

Le dimanche

 

Un clapotis me berce, me tire du sommeil avec tendresse. Il est tard. Je m’étire. J’écoute la pluie. Je soupire, me lève. J’ouvre grand, les stores, les fenêtres. Le jour est gris, le vent me gifle. J’ai comme une envie de sortir sur le toit, de tourbillonner sous la pluie, de glisser sur les cailloux. J’aurais froid, alors je renonce. Une douche. Une douche plutôt. L’eau chaude me caresse. Je me savonne, me rince, me sèche. Je plonge les doigts dans une crème épaisse avec laquelle je me masse. Soigner son corps, infaillible volupté. Pour le nez et la bouche, je me fais du thé. Du très bon thé. Je regarde par la fenêtre. Bourrasques, trombes d’eau, rues désertes. C’est dimanche et il pleut. Je prépare une pile de livres, je m’emmitoufle dans mon duvet, souffle sur ma tasse et passe le bout des doigts sur les pages. Je savoure. Le calme, le clapotis, la liberté. Lorsqu’il pleut le dimanche, j’ai parfois envie de remercier dieu, moi qui ne crois pas en lui.

Mais aujourd’hui, seigneur, c’est mardi.

 

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