les minuscules

 

Le maillot

 

Le miroir rigole. Ta peau si claire. Tes seins si désordonnés. Et puis tes cuisses. Tes cuisses ! Tu insistes. Tu entends une autre femme se débattre  avec un truc triangle et des tétons qui dépassent. On dépasse toujours. Tu insistes encore. Les fermoirs se moquent de toi – attrape-moi si tu peux. Tu insistes encore. Tu te mords la bouche lorsque la gentille vendeuse te souffle que tu as des hanches « quand même ». Tu insistes encore. Tu entends la mer. Tu sens l’eau. Tu veux sentir l’eau, celle du lac aussi. C’est pour ça que tu insistes. C’est pour ça que tu es entrée dans cette cabine maudite. C’est pour ça que tu as pris ces bouts de tissu aux couleurs criardes. C’est pour ça. Et tu respires, parce qu’au large, tu l’enlèveras ton maillot.

 

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