les minuscules

soleil sur la Piazza de Ferrari
 
Le soleil. Enfin. La pluie a nettoyé les pavés, ruisselé dans les caniveaux, fait les affaires des vendeurs de parapluies à la sauvette. Elle s’est imposée de jour en jour, sans pitié pour l’âme méditerranéenne. Elle a noyé les terrasses, écourté l’aperitivo, imposé son humeur grise à toute la ville. Puis, ce matin, elle a cédé. Elle a cédé la place à un timide, mais très doux soleil de février. Un soleil attendu, désiré, adoré. Ils sont tous sortis le saluer, le savourer. Du vieux port et de la ville nouvelle, ils ont convergé vers la grande Piazza de Ferrari. Ils se sont assis et ils ont exposé leur peau au soleil. La Bourgeoise fait briller sa fourrure et ses diamants, les adolescentes gloussent de bonheur, les adolescents redoutent que ce soient d’eux que les filles rient, l’alcoolique tète son troisième litre de bière sans se soucier de cacher ses bouteilles, la touriste coréenne arpente la place à la recherche d’un introuvable réseau 4G, le couple d’amoureux se partage une focaccia aux olives en se léchant les doigts, les chiens se reniflent au milieu des gamins qui se coursent, l’homme en costume trois pièces fait la sieste sur le muret de béton, les musiciens jouent pour rien, les Carabinieri s’appuient contre leur fourgon en fermant les yeux de plaisir. Quelques minuscules gobelets de cafés apparaissent. Sur la plus grande place de la ville, les Génois retrouvent leur soleil.
 
 

 

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Avec le soutien de la Ville de Genève